Article rédigé par le Dr Xavier Kern, docteur en médecine naturelle et ingénieur biomédical à Obernai (67210)

La maladie d’Hashimoto est une maladie auto-immune de la thyroïde, et plus exactement une hypothyroïdie auto-immune. Il est très important de différencier l’hypothyroïdie « simple » et l’hypothyroïdie d’Hashimoto. En effet l’hypothyroïdie fait que moins d’hormones thyroïdiennes (celles qui sont mesurées principalement sont FT4 et FT3, la TSH (Thyroïd Stimulating Hormone) étant l’hormone de l’hypophyse stimulant la thyroïde pour la production des hormones) sont produites ce qui provoquent de nombreux symptômes comme prise de poids, dépression, problème de sommeil, fatigue, constipation, perte de cheveux etc etc. La TSH est dans ce cas augmentée. L’hypothyroïdie d’Hashimoto a la même base mais des composantes supplémentaires qui sont l’aspect auto-immun et la fluctuation de l’état pouvant passer d’une hypothyroïdie à une hyperthyroïdie surtout en début de diagnostic (grande excitation, tachycardie, beaucoup d’énergie puis gros crash…). Ceci change la donne puisque cela signifie que le tissu thyroïdien est attaqué par son propre système immunitaire et il est donc en état d’inflammation (cela se mesure principalement par les anticorps anti TG et anti TPO). Cette différence est primordiale dans la façon dont cela va être traité. En effet, dans Hashimoto il faudra forcément prendre en compte cette inflammation et travailler dessus, sinon la thyroïde va être de plus en plus petite et aura donc encore plus de mal à générer les hormones thyroïdiennes. Si l’on travaille uniquement sur l’aspect hypothyroïdie, le travail de sape de l’inflammation continuera; c’est un peu comme si l’on faisait une perfusion sanguine et que l’hémorragie n’ait pas été arrêtée… Il est donc très important de pouvoir faire descendre le taux des (ou du) différents anticorps, qui est un marqueur de l’inflammation en cours.

 

Diagnostic

Pour expliquer comment cela fonctionne, il faut faire un peu d’anatomie: sur le même axe l’on trouve l’hypophyse, la thyroïde et les glandes surrénales (2 petites glandes au dessus des reins générant de nombreuses hormones dont le cortisol, hormone dite du stress). L’utilisation de la TSH seule n’est pas suffisante pour évaluer correctement une thyroïde. En effet, comme mentionné plus haut, la TSH est l’hormone de l’hypophyse qui va stimuler la thyroïde pour générer les hormones thyroïdiennes. Si jamais l’hypophyse est en hypofonction (par exemple: hypofonction de l’hypophyse antérieur), alors il y aura « peu » de TSH généré (souvent moins de 2), mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’hypothyroïdie derrière. FT4 étant la partie « inactive » et FT3 la partie « active », en simplifiant, il est donc nécessaire de savoir le transfert entre l’hormone T4 et l’hormone T3, car vous pouvez très bien avoir suffisamment de T4 mais un T3 très bas qui cause alors de nombreux symptômes. Pour alors évaluer convenablement une thyroïde, il est donc nécessaire de mesurer TSH, FT4 et FT3 (qu’il faudra d’ailleurs mesurer régulièrement pour adapter le traitement et ne pas passer en hyperthyroïdie par exemple). Ensuite, si le bilan clinique indique des signes d’une maladie auto-immune de la thyroïde, il sera alors possible d’ajouter anti TG et anti TPO. Une échographie (et des fois une scintigraphie selon l’avis du radiologue/médecin) permet de voir la taille des différents lobes ainsi que la structure de la thyroïde, et si des nodules sont présents. Il est important de faire des échographies « régulièrement » pour suivre l’évolution de la taille des lobes et donc de l’inflammation. Il est important de travailler sur l’inflammation car une maladie auto-immune pouvant en entraîner une autre, si l’on ne contrôle pas cette inflammation, le risque est alors accru.

D’autres examens complémentaires peuvent être ajoutés pour mieux comprendre son fonctionnement comme RT3, anticorps récepteur de la TSH… mais ces examens sont rarement prescrits.

 

Solutions

Mais il y a beaucoup d’espoir car il est possible de faire diminuer cette inflammation, voire, dans certains cas, de la mettre en pause. Voici les différents points sur lesquels il est primordial de travailler (liste non exhaustive):

  • soigner ses intestins, son foie et ses reins puisque le transfert de FT4 à FT3 se fait dans ces 3 organes (et pas uniquement dans le foie) et que l’inflammation part des intestins
  • stimuler le fonctionnement de la thyroïde pour générer du T4 ET du T3 (le Lévothyrox ne jouant que sur T4)
  • avoir un taux de vitamine D suffisamment important puisque cela intervient dans le système immunitaire, entre autres
  • combler les différentes carences dont en zinc, sélénium…
  • adopter un régime anti-inflammatoire pour réparer les intestins et calmer l’inflammation au niveau des intestins ET de la thyroïde
  • gérer les glandes surrénales avec adaptogènes, gestion du stress et autres méthodes
  • travailler sur l’hygiène de vie
  • calmer l’inflammation avec des anti-oxydants et anti-inflammatoires naturels (j’évoque ici uniquement les possibilités naturelles)

Toutes ces possibilités dépendent bien entendu du contexte clinique de chacun et aucune méthode générale n’existe pour s’occuper de tous les cas, voilà pourquoi il faut faire du cas par cas avec un bilan clinique complet.

Partager: