stress et douleurs physiques

« L’homme doit harmoniser l’esprit et le corps » Hippocrate

 

Notre société fonctionne de telle façon que l’on est toujours plus exposé et sensible aux sentiments négatifs. Depuis que l’on est petit, on est plus concentré sur les aspects, personnes et événements difficiles, que sur les belles choses de la vie. On est beaucoup plus intéressé par les choses qui sont difficiles à comprendre. Quand on regarde la télévision, on entend parler pendant plusieurs semaines de crise économique, d’accidents d’avion ou d’épidémies à l’autre bout du monde, alors qu’on parle très peu d’un événement positif comme la découverte de nouveaux médicaments contre le cancer, l’ouverture d’un nouvel hôpital ou le beau temps qu’il fera les prochaines semaines. Si à l’école l’on a principalement des bonnes notes, au lieu d’être content on s’arrêtera avant tout à ses mauvais résultats en mathématiques. Si l’on est le plus souvent entouré de personnes intéressantes, qui nous aiment et qui nous souhaitent du bien, on se focalisera en premier lieu sur ce chef qui nous ennuie à longueur de journée. Il en est de même de la plupart des religions et courants philosophiques trouvent important de mettre en avant la souffrance pour stimuler le progrès et le développement humain. 

Mais c’est le sentiment positif, ou plutôt notre optimisme dans la vie, qui est la plus grande stimulation pour notre corps, pour rester en bonne santé et pour favoriser la guérison.

Les sentiments négatifs sont à l’origine de tensions musculaires et de raideurs. On a peur, on tremble. On est triste, on se crispe. On est en colère, on serre les dents. On a froid, on contracte les fesses. On ne sait pas quoi faire, on crispe les épaules. On a honte, on baisse la tête. On est irrité, on fronce les sourcils. On est fâché, on serre les poings. Et on répète ces mouvements pendant des années. On crispe tous les muscles et cela provoque une augmentation du tonus musculaire, des raideurs musculaires et à la fin une douleur chronique. Puis on essaye de trouver des positions dans lesquelles nous n’avons pas mal, en changeant nos mouvements habituels et en créant des compensations. La douleur se déplace vers d’autres endroits et il devient de plus en plus difficile de trouver son origine.

 

Les muscles et leur fonction de « deuxième coeur »

Chaque muscle travaille d’une manière particulière. Après chaque contraction, il se décontracte. Les muscles ne nous permettent pas uniquement de bouger notre corps, mais ils travaillent aussi pour pomper notre sang. En se contractant ils mettent la pression sur les vaisseaux en faisant fonction de « deuxième cœur ». C’est le type de travail le plus typique pour les muscles, où le muscle change sa longueur pour nous permettre de courir, nager, marcher, soulever un bras etc. C’est le travail isotonique. De temps en temps notre muscle fournit un travail constant et reste ainsi contracté en continu. Il n’y a pas de phase de décontraction, c’est pour cela que ce type de travail est plus difficile à supporter pour notre corps. Si les muscles restent contractés pour tenir notre position debout ou notre tête, alors c’est un phénomène positif. Mais si ce type de travail est la conséquence de tensions provoquées par des réactions émotionnelles, ceci devient ainsi très nocif pour notre corps. Le muscle ne change pas sa longueur, ne pompe pas le sang, il reste tout le temps contracté. C’est le travail isométrique. Vous avez sûrement remarqué que dans les moments stressants ou difficiles, on reste très tendu, crispé voire tétanisé. C’est là que le travail isométrique rentre en jeu. Ce sont vos muscles qui se mettent en mode« stand-by » pour être activés si besoin. Pour les animaux, on voit ce travail plus rarement. En effet, les animaux l’utilisent quand ils vont chasser, quand ils se préparent pour attaquer, quand ils se cachent, quand ils attendent pour attaquer, quand ils observent. Ça ne dure pas très longtemps et en attaquant, en courant ou pendant le combat, toute la tension musculaire baisse d’un coup. Pour les Hommes, c’est différent. On ne peut pas toujours exprimer ce que l’on ressent en attaquant/criant par exemple sur notre chef. C’est pour ces raisons que les tensions s’accumulent, les muscles fatiguent suite à leur travail continu et cela endommage notre corps de l’intérieur.

 

Les réactions au stress et leur adéquation avec les circonstances

Bien sûr, il ne suffit pas d’être tendu une fois pour avoir des tensions et des douleurs après. Ceci est un mécanisme plus long et complexe, tout comme l’est la plasticité neuronale, qui se met en place dans le temps (exemple: lorsque nous conduisons en voiture la première fois, cela est difficile puis c’est de mieux en mieux et devient automatique. C’est donc la plasticité neuronale car les synapes de la conduite se sont développées et le message nerveux est ainsi beaucoup plus rapide). Tous les animaux sont adaptés au stress, nous aussi, mais à un stress qui est ponctuel. Dans le livre de Robert Sapolsky « Pourquoi les zèbres n’ont pas d’ulcère ? »,  l’auteur, après avoir passé quelques mois en Afrique, explique pourquoi les animaux sont moins sensibles au stress que nous. Ou peut être pas moins sensible, mais ils réagissent de manière plus adéquate que nous. Déjà le titre du livre fait que l’on se pose la question. Effectivement, pourquoi pas les zèbres mais nous? Est ce que vous imaginez un zèbre qui stresse quand il va perdre son travail? Ou s’il craint de ne pas terminer son projet à temps? Ou si il réfléchit pendant des mois à quitter sa copine? Ou qu’il est fâché contre son compagnon car comme d’habitude il n’a pas descendu la poubelle? Non. Parce que leurs réactions au stress sont adaptées aux circonstances. 

L’homme est spécialiste de l’anticipation et c’est ça qui nous met en danger.

Si un zèbre voit de loin un lion qui veut l’attaquer, son corps se prépare tout de suite pour réagir. Il a le cœur qui bat plus vite, la fréquence respiratoire s’accélère, les muscles se tendent, les hormones se libèrent dans le corps pour le préparer à fuir ou combattre (le fameux « fight or flight » en anglais). S’il y a bien une chose qui peut être utile dans ces instants, c’est de bien pomper le sang oxygéné vers les muscles pour courir le plus vite possible pour pouvoir échapper au lion. Un zèbre ne va pas réfléchir pendant des mois sur ses « soucis » avec le lion. Quand il sera en sécurité, il ira se promener dans la forêt et passera à autre chose au bout de peu de temps. Le stress est ponctuel et la réaction est rapide, c’est ça qui devrait être naturel pour nous. Le corps humain n’est pas fait pour supporter une tension musculaire pendant des heures, des semaines… et un cœur qui accélère constamment. Si on utilise à chaque fois toutes les réserves que notre corps a constituées pour les situations d’urgences, on terminera en ressentant une fatigue chronique avec toutes ses conséquences. Si à chaque fois que l’on sent quelques irritations, on met ce système en route on sera beaucoup plus exposé aux maladies liées au stress, dont les douleurs liées à l’appareil locomoteur. 

Pour un Homme, le stress a un spectre très large. Cela peut être une situation difficile émotionnellement, un changement de température, lumière intense, fatigue physique, manque de sommeil, mauvaise alimentation, effort trop intense etc. La réaction au stress la plus naturelle pour un être humain est l’activation musculaire. Notre corps, dans les moments stressants, pense à mobiliser toute l’énergie disponible pour pouvoir se battre contre le danger. Les réserves de glucose, des formes basiques de protéines et lipides, sont transportées directement vers nos muscles pour leur donner l’énergie nécessaire pour un travail rapide et efficace. Notre respiration et notre fréquence cardiaque accélèrent pour apporter le plus d’oxygène et autres nutriments énergétiques vers les muscles. Au même moment, tous les processus, qui ne sont pas indispensables, sont arrêtés. La régénération tissulaire, la production de spermatozoïdes, l’ovulation, le système immunitaire, la digestion etc sont arrêtés ou ralentis. Pour notre corps, pendant un danger ou du stress, les projets à long terme ne sont pas importants. Ce qui est important c’est de nous sauver ici et maintenant. Notre corps ne sait pas si le stress vient du lion qui essaye de nous chasser, du chef qui nous a énervé ou des mauvaises pensées que l’on a, donc il ne sait pas si c’est « nécessaire ou pas ». Il sait juste qu’il faut mobiliser toutes les réserves pour que l’on puisse s’échapper du « danger ». C’est pour ça qu’il n’est pas important pour lui de produire des ovocytes ou de digérer un petit déjeuner au moment où l’on peut devenir un petit déjeuner pour quelqu’un d’autre (car c’est ce que le corps croit même si bien entendu il est très rare d’avoir réellement un lion devant soi). Le problème est que si l’on est exposé au stress tout le temps, on ne peut pas accumuler de réserves, car à chaque fois qu’on est touché par le moindre stress, elles sont libérées vers nos muscles pour nous protéger. On dépense de plus en plus et ça conduit à une fatigue permanente de notre organisme. On diminue ainsi notre résistance car la priorité de notre organisme n’est plus de se battre contre l’infection ou les cellules cancéreuses, mais de survivre. On peut ainsi avoir des problèmes de fertilité car elle n’est pas prioritaire au moment où notre corps « pense » qu’il doit échapper au lion. Si notre tension monte à chaque fois que l’on voit les jouets de notre enfant qui ne sont pas rangés, on risque des problèmes cardiaques. Comme vous voyez, le stress nous expose à plusieurs maladies car à partir du moment où notre système immunitaire est mis de côté, suite aux événements plus importants qui se passent dans notre corps, son efficacité à se battre contre les maladies ou infections est diminuée. 

Tout ceci n’est pas juste une théorie. Tous ces événements sont gérés par notre système nerveux et hormonal. Quand on pense à quelque chose de désagréable ou lorsqu’on est touché par un événement stressant, notre système nerveux sympathique (accélérant la fréquence cardiaque) active la libération d’hormones : adrénaline et noradrénaline. Ce sont des hormones qui sont responsables des réactions physiques qui se passent dans notre corps pendant un stress. Après leur libération, notre corps libère aussi les glucocorticoïdes (cortisol, l’hormone du stress, de l’énergie, du réveil… par nos glandes surrénales se trouvant juste au dessus des reins). Leur fonctionnement est similaire aux hormones libérées pendant le stress. La différence entre l’action de l’adrenaline et des glucocorticoïdes est leur durée de travail. L’adrénaline agit quelques secondes après la stimulation, les glucocorticoïdes pendant des heures, ce qui fait que les défenses contre les maladies, développement de cancers, expositions sur les maladies cardiaque, fatigue, problèmes de fertilité, problèmes digestifs etc ne durent pas juste quelques minutes, mais des heures et en cas de personne stressée en continu, cela peut tranquillement mais surement se transformer en maladie chronique difficilement explicable par les résultats d’examens médicaux en médecine conventionnelle. Cependant, la médecine naturelle, travaillant sur l’aspect holistique (l’ensemble du corps) aura de nombreuses solutions à vous proposer.

Un autre processus qui se passe parallèlement, est la libération du glucagon par le pancréas qui avec d’autres hormones, est responsable de l’augmentation de la quantité de glucose dans le sang. Le glucose fonctionne comme un carburant pour les muscles. Son stockage n’est pas illimité donc si la demande est plus importante que la réserve cela peut nous conduire à plusieurs problèmes.

Les tensions constantes et l’activation musculaire anticipée ne nous exposent pas simplement aux problèmes musculaires et articulaires, mais aussi à plusieurs autres qui peuvent avoir un grand impact sur notre qualité de vie.

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